Charles Pasqua et Jean Charles Marchiani

Charles Pasqua, trois ans déjà…

La disparition d’une figure emblématique de la vie politique française


Charles Pasqua meurt le 29 juin 2015 à l’hôpital Foch de Suresnes des suites d’un accident cardiaque. Il a alors 88 ans. Une messe en son honneur est célébrée le 3 juillet en la cathédrale Saint-Louis-des-Invalides en présence de nombreux hommes politiques venus lui rendre un dernier hommage. Ses obsèques sont quant à elles célébrées le 7 juillet en la cathédrale Notre-Dame-du-Puy de Grasse. C’est l’ancien président de la république, Nicolas Sarkozy qui prononce son éloge funèbre. Il a rappelé son engagement politique sans faille, sa contribution au gaullisme ainsi que sa figure de pilier de la droite française. Avec sa disparition, c’est l’image de la droite historique qui s’éteint. Charles Pasqua est inhumé dans le caveau familial au cimetière Sainte-Brigitte de Grasse auprès de son fils, mort quelques mois plus tôt, en février 2015.

Charles Pasqua au service de la France

« Gaulliste, homme d’engagement et de conviction qui aura marqué de son empreinte la vie politique et publique de la Vème république. » C’est comme cela que l’ancien président de la république, Nicolas Sarkozy, présente Charles Pasqua. Le 29 juin 2018, cela fera 3 ans que la France a perdu l’un de ses grands hommes politiques. Pour cette occasion nous allons revenir sur le parcours de cet homme politique au service de la France.

Un sens du devoir précoce

Petit-fils d’un berger corse et fils d’André Pasqua, policier à Grasse et de Françoise Rinaldi, Charles Pasqua naît le 18 avril 1927 à Grasse dans les Alpes-Maritimes. De son enfance dans le sud, il hérite son accent chantant.

En novembre 1942, l’armée allemande envahit la zone libre. Le jeune Charles a alors 15 ans. Il décide de s’engager dans la résistance sous le pseudonyme de « Prairie » et il rejoint les rangs du mouvement de Résistance Combat. Son père est alors déjà membre d’un réseau puisqu’il fabrique de fausses cartes d’identité depuis son commissariat.

Après la guerre il reprend ses études. Il passe son bac et entre à la faculté de droit d’où il ressort titulaire d’une licence.

En 1947, il se marie avec Jeanne Joly, une québécoise qu’il rencontre à Grasse et avec qui il a un fils, Pierre-Philippe Pasqua en 1948.

Très attaché au général de Gaulle depuis sa participation aux mouvements de Résistance, Charles Pasqua rejoint le RPF de de Gaulle dès sa création, en 1947.

Un gaulliste convaincu

En rejoignant le RPF (Rassemblement du peuple français) dès sa création, Charles Pasqua entame son engagement politique. Il participe alors aux activités du service d’ordre du Général de Gaulle dans le sud de la France. Il rallie par la suite le SAC (Service d’action civique), une association au service du Général de Gaulle, en 1962 après la guerre d’Algérie. Il est alors chargé de missions régionales pour les Bouches du Rhône, le Var ainsi que pour les Alpes-Maritimes, jusqu’au début des années 1965. Il gagne ensuite la région parisienne.
Il est désigné vice-président du SAC en 1967. Le SAC est ensuite réorganisé lors de l’élection de Georges Pompidou à la présidence de la république en 1969, ce qui entraîne la démission de Charles Pasqua à l’automne 1969.

En parallèle de son engagement Gaulliste, Charles Pasqua est engagé en janvier 1952 chez Paul Ricard.

Un parcours professionnel qui tranche avec celui des élites politiques

Avant d’être un homme politique, il ne faut pas oublier que Charles Pasqua est un personnage emblématique de la société Ricard. Charles Pasqua se définit ainsi « Sans De Gaulle et Paul Ricard je ne serais pas qui je suis.»

Au sein de la société où il commence en 1952 en tant que simple représentant, il se fait vite remarquer par son bagou et son sens des affaires.
Il grimpe rapidement les échelons et devient dès 1955 inspecteur des ventes puis directeur régional en 1960. Il devient ensuite directeur général des ventes en 1962 et directeur de l’exportation en 1963. Lorsqu’il quitte la société en 1967, il est alors n°2 du groupe.

Après son départ de la société Ricard, Charles Pasqua fonde la société Euralim (Europe alimentation). Cette société, installée à Levallois-Perret, est spécialisée dans l’import du célèbre cocktail italien l’Américano.

Bien que connaissant du succès dans les affaires, sa passion pour la vie politique le rattrape.

Le début de la carrière politique locale de Charles Pasqua

Le 30 mai 1968, il est l’un des principaux organisateurs de la manifestation pro-gaulliste en réaction aux évènements de mai 68. Il est alors élu lors du raz-de-marée gaulliste durant les élections législatives des 23 et 30 juin 1968. Il devient, sous l’étiquette UDR (union pour la défense de la république), député à Clichy-Levallois.
Il s’établit alors politiquement dans les Hauts-de -Seine. Il est député de la 4ème circonscription des Hauts de Seine du 11 juillet 1968 au 1er avril 1973. Il siège également au conseil général à partir de 1970 et il en devient le président en 1973. Il est de nouveau élu président du conseil général des Hauts-de-Seine de 1988 à 2004 et marque sa présidence par la création du Pôle d’enseignement supérieur Léonard de Vinci, plus communément appelé Fac Pasqua.

Il s’implante ensuite dans la ville de Neuilly-Sur-Seine ou il est élu pour la première fois sénateur le 25 septembre 1977. En 1983, Charles Pasqua alors conseiller municipal de Neuilly-Sur-Seine, est pressenti pour succéder à Albert Perreti, maire de Neuilly qui a succombé subitement à une crise cardiaque. Il est néanmoins devancé par Nicolas Sarkozy.
Participant à la fondation du RPR, Charles Pasqua est à ce moment-là de sa carrière, un des conseillers influents de Jacques Chirac. Il est président du groupe RPR au sénat à partir de 1981. Il abandonne cependant son mandat parlementaire le 19 avril 1986 afin d’intégrer le gouvernement de Jacques Chirac. Celui-ci est alors premier ministre dans un contexte de cohabitation avec le président socialiste François Mitterrand. Charles Pasqua est nommé Ministre de l’Intérieur.

Charles Pasqua, Ministre de l’Intérieur

Charles Pasqua occupe la fonction de ministre de l’intérieur dans le gouvernement de Jacques Chirac de 1986 à 1988. Pendant ses fonctions, il est l’auteur en 1986 d’une loi qui porte son nom et dont le but est de réguler l’immigration. Il est également l’auteur de la loi du 24 novembre 1986 sur le découpage électoral.
Il exerce ses fonctions durant les manifestations contre le projet de loi Devaquet visant à réformer les universités françaises. Grâce à son action, il permet alors un retour à l’ordre.

Précurseur, Charles Pasqua avait fait de la lutte contre le terrorisme un des fondements de son action. C’est à lui que l’on doit cette phrase qui est restée célèbre « Il faut terroriser les terroristes ». Durant ses fonctions au sein du gouvernement de Jacques Chirac, il préside à l’arrestation du groupe terroriste anarcho-communiste Action Directe.
Dès sa prise de fonction, Charles Pasqua fait de la lutte contre Action Directe, l’une de ses priorités. Des moyens financiers et humains sont alloués par le ministre afin de faciliter la traque des terroristes. Le 21 février 1987, les principaux membres du groupe terroriste, Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon, Joëlle Aubron et Georges Cipriani sont arrêtés par le RAID.

Il redevient sénateur des Hauts-de-Seine du 11 mai 1988 au 29 avril 1993, à la suite de la démission du sénateur Emile Tricon.

La présidence de François Mitterrand connaît une nouvelle période de cohabitation avec pour premier ministre Edouard Balladur. Celui-ci nomme de nouveau Charles Pasqua dans les fonctions de ministre de l’Intérieur de 1993 à 1995.

Le ministre est de nouveau confronté à un climat tendu. En 1994, il doit faire face aux manifestations étudiantes contre le CIP (contrat d’insertion professionnelle) ainsi qu’à une fusillade sanglante en plein Paris qui fait trois morts parmi les forces de l’ordre. Les responsables sont alors Audry Maupin et Florence Rey, deux étudiants proches des milieux anarchistes. C’est dans ce contexte d’insécurité que Charles Pasqua défend à l’automne 1994 son projet de loi d’orientation et de programmation relative à la sécurité. Ce projet de loi visait à harmoniser l’action des services de police, de douane et de gendarmerie tout en augmentant leurs moyens d’action. Il autorise également l’usage de la vidéosurveillance. Le projet de loi est adopté en janvier 1995.

La lutte contre le terrorisme étant toujours l’une de ses priorités, Charles Pasqua préside à l’arrestation du terroriste vénézuélien Carlos en 1994. Il est notamment l’auteur de l’attentat du 15 septembre 1974, perpétré contre le drugstore Publicis dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés à Paris, et qui avait fait 2 morts et 34 blessés. Le 14 aout 1994, la DST sur ordre de Charles Pasqua, parvient à faire enlever le terroriste alors qu’il se trouvait sur le territoire soudanais afin de le ramener en France pour le juger.

En décembre 1994 il participe également à la neutralisation sur l’aéroport de Marseille, du commando du GIA (Groupe islamique armé) qui avait détourné un Airbus parti d’Alger.
Enfin, en février 1995 il révèle publiquement l’espionnage économique de la France perpétré par la CIA et fait expulser le chef de la CIA alors en poste, Richard L Holm, ainsi que plusieurs autres agents qui étaient alors sous couverture diplomatique.

En tant que ministre de l’Intérieur, Charles Pasqua a œuvré à maintenir l’ordre dans un climat tendu ainsi qu’à lutter contre le terrorisme. Afin de récompenser ses services rendus à la France, Charles Pasqua est promu par Jacques Chirac en 1995, chevalier de la légion d’honneur.

Le retour au Sénat et l’expérience européenne

Lors des élections présidentielles de 1995, Charles Pasqua soutient publiquement Edouard Balladur et non Jacques Chirac. Ce soutien a pour effet de marquer un coup d’arrêt à son ascension politique et de ne pas se voir proposer de poste en tant que ministre sous la présidence de Jacques Chirac.L’ancien ministre réintègre alors le Sénat ou il est réélu sénateur dans les Hauts-de-Seine le 24 septembre 1995.

Il crée en 1999 le RPF, le Rassemblement pour la France, qui arrive en deuxième position aux élections européennes de 1999. Il quitte alors son mandat de sénateur pour rentrer au parlement européen dans lequel il occupe les fonctions de député européen du 4 juillet 1999 au 19 juillet 2004. Charles Pasqua n’a jamais caché ses convictions souverainistes. Il créé en 1991 le mouvement Demain la France et se prononce pour le non au référendum de 1992 sur le traité de Maastricht. Il souhaite alors préserver l’indépendance de la France face à l’ingérence des institutions européennes. Durant son mandat de député européen, il n’a pas oublié ses convictions puisqu’il est président du groupe Union pour l’Europe des nations, groupe parlementaire souverainiste.

Les ambitions politiques de Charles Pasqua ne sont cependant pas éteintes. Celui-ci annonce sa candidature aux présidentielles de 2002. Néanmoins, il ne parvient pas à récolter les 500 signatures nécessaires à sa candidature.
Son mandat européen ayant pris fin, il se représente au sénat ou il est réélu le 26 septembre 2004 à la tête d’une liste divers droite. Il siège alors de 2004 à 2011 comme apparenté au groupe UMP.

Il ne se représente pas au scrutin sénatorial de 2011 ce qui marque un terme à sa vie politique active. Cependant cela ne l’empêche pas de continuer à participer à la vie politique via ses prises de positions ainsi qu’en participant au congrès fondateur des Républicains en mai 2015. C’est alors sa dernière apparition publique.

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SecureWatch : intelligence collective pour le renseignement

Une nouvelle intelligence collective au service du renseignement : SecureWatch.

DigitalGlobe, premier fournisseur mondial d’images, de données et d’analyses de la Terre en haute résolution, a annoncé lancer un service de surveillance premium nommé SecureWatch Sites. Cette application fournit régulièrement des images satellites d’emplacements globaux à intérêt élevé par l’intérmediaire de plusieurs fournisseurs commerciaux. Les images de SecureWatch Sites seront disponibles via l’interface Web SecureWatch avec des emplacements personnalisés par le client.

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Le 5 mai c’est Furiani… Mais n’oublions pas Napoléon !

Le 5 mai dernier, nous célébrions les 25 ans de la catastrophe de Furiani. L’effondrement d’une tribune du stade Armand-Cesari avant une rencontre de football de la Coupe de France opposant le SC Bastia et l’Olympique de Marseille tua, en s’en souvient, 18 personnes et en blessa quelques 2500 autres. Sans mentionner les négligences – avérées ou non des personnes inculpées-, le drame du 5 mai 1992 reste bien sûr gravé dans les mémoires, que nous avons commémoré devant la stèle avec de nombreuses personnalités publiques, familles et anonymes.

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De Jean-Charles Marchiani au Préfet Marchiani

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